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CHANCEUX OU PRIVILÉGIÉ
Au gala Artis 2007 au Québec
(cérémonie où l’on remet
des prix aux artistes en fonction du vote du public),
le comédien et animateur Charles Lafortune a
accueilli l’un de ses deux prix de la soirée
en partageant avec nous une courte phrase toute simple,
mais qui en révèle beaucoup sur le personnage
et son succès. Il a dit ceci : « Je ne
me considère pas nécessairement chanceux
dans la vie, mais je me considère quand même
privilégié. »
Passionné des lois de la réussite,
j’ai tout de suite saisi la nuance. Selon moi,
l’animateur disait toute sa reconnaissance vis-à-vis
de ce qui lui arrive : il pratique le métier
qui lui plaît, il est très convoité,
ses patrons l’apprécient et son public
l’aime. Aussi a-t-il été consacré
la personnalité Artis masculine de l’année.
Il fait partie du « happy few », comme il
le disait si bien.
Il reste que tout cela n’en fait
pas un chanceux. Qui sait les plaisirs et gratifications
qu’il a dû refuser pour parvenir à
cette condition « privilégiée »?
Sa vision de la vie a-t-elle été épargnée
ou altérée? À quoi a-t-il dû
renoncer afin d’embrasser sa carrière?
Il a fait des choix. Il faut avoir le courage et la
discipline de dire non au soleil et aux amis quand c’est
le temps de travailler ou d’étudier. Sachons
saisir le pouvoir de retarder la satisfaction. L’ex-plongeuse
olympique Sylvie Bernier expliquait les exploits du
champion plongeur Alexandre Despatie par ces 5 ou 10
petites minutes d’efforts supplémentaires
consentis à la fin d’une séance
d’entraînement, quand la plupart des autres
ont déjà quitté. Ce court laps
de temps investi de manière répétée
finit par faire la différence.
On ne peut le nier, la vie lui a donné
une belle gueule, du charisme et une grande intelligence,
mais les êtres pleins de talents gaspillés
ne manquent pas dans notre société. Ce
n’est pas ce que ce que tu as ou ce qui t’arrive
dans la vie qui fait la différence, c’est
ce que tu fais avec.
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