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« ÇA NE COÛTE
PAS PLUS CHER »
Voici l’histoire d’un homme
fascinant : mon grand-père, Paul Morel. Imaginez
une gueule à la Clark Gable dans le film Autant
en emporte le vent. Dans les années 1940, il
a été finaliste au Gala du plus bel homme
du Québec, et il a côtoyé Alys Robi
en plus de jouer au golf avec Henri Richard et Jean
Béliveau. Barbier de profession depuis l’âge
de 13 ans, il a grandi en Estrie au Québec. Ce
n’était ni son argent ni son éducation
qui l’amenait à se frotter aux grands.
(SVP enlever la dernière phrase que j’ai
enlevé)
Plus tard, dans la soixantaine, il est
venu vivre dans le sous-sol de notre modeste bungalow
à Saint-Léonard, dans le nord-est de l’île
de Montréal où j’ai passé
une partie de mon adolescence. Mon grand-père
était un grand sportif. C’est avec lui
que j’ai appris à jouer au baseball et
au tennis. Nous faisions parfois des randonnées
à vélo de 20, 30 ou 50 km. Il avait 65
ans! Il venait de divorcer et avait un nouvel amour
dans sa vie. Madeleine était une belle grande
femme, plus jeune que lui : ils avaient 21 ans de différence.
Elle venait lui rendre visite parfois, surtout après
avoir appris le diagnostic de son cancer du sein. Malheureusement,
Madeleine n’a pas survécu trois ans à
l’opération. Ce fut sans contredit un choc
pour mon grand-père. Mais au lieu de se plaindre
ou d’être irritable avec ma sœur, mon
père ou moi, il choisissait d’enfourcher
son vélo et de rouler pendant une, deux ou trois
heures avec sa radio branchée sur le baseball
des Expos pour « passer ses bleus », comme
il disait, et soulager sa mélancolie. (il n’y
a pas trop de virgules dans cette dernière séquence??)
Ce qui m’a marqué le plus,
c’est lorsqu’on arrêtait dans un café
ensemble. Avec la vie qu’il avait connue, il rencontrait
toujours une connaissance. Chaque fois, le même
scénario se répétait : «
Bonjour, Paul, comment ça va? » Il répondait
à tout coup : « Ça va bien, ça
va très bien. Ça ne coûte pas plus
cher et on se sent tellement mieux. » Même
pendant les moments les plus difficiles de sa vie. Il
a vécu les affres d’un divorce (pour un
homme de sa génération, surtout), a perdu
sa jeune nouvelle conjointe, mais il ne s’est
jamais plaint. Et n’a jamais été
malade. Quand il a reçu sa carte de l’âge
d’or, il l’a coupée en deux. Il fuyait
les aînés qui se plaignaient de leurs bobos
sans arrêt.
Sans le savoir, mon grand-père
a non seulement réussi sa vie, mais il a su attirer
autour de lui des gens tout aussi remarquables que l’attitude
qu’il dégageait. Sans compter qu’il
demeure aujourd’hui une belle source d’inspiration,
pour plusieurs autres personnes, tout comme pour moi.
Comme il disait : « Ça ne coûte pas
plus cher, et on se sent tellement mieux. »
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