| DONNEZ
ET VOUS RECEVREZ
En affaires ou dans nos vies personnelles,
nous avons tous été témoins du
pouvoir et de l’impact de donner. La sensation
sur notre âme est indéniablement bénéfique.
Nous sommes tout à coup envahis d’une impression
de plénitude et de calme. C’est difficile
à décrire, mais la science médicale
a probablement une façon plus approfondie de
transmettre cet état d’être.
En effet, il a été démontré
que la personne gratifiée par un autre individu
(ou un groupe) d’un geste de reconnaissance, d’entraide
ou de compassion verra son niveau de sérotonine
(substance naturelle sécrétée par
le corps humain donnant une sensation de bien-être,
communément appelée drogue du bonheur)
augmenter dans son organisme. Il a de plus été
prouvé que la personne qui donne verra de même
son niveau de sérotonine augmenter!
Comme si ce n’était pas suffisant, toute
personne qui observe la scène verra aussi le
niveau de cette « drogue naturelle » stimuler
son organisme! C’est plutôt renversant,
n’est-ce pas? Voilà ce qui explique en
partie la grande popularité des émissions
de télévision nord-américaines
où l’on voit des groupes de gens se mobiliser
pour venir en aide à des personnes aux prises
avec un besoin important de résidence après
un sinistre, de chirurgie esthétique ou dentaire,
sans en avoir les moyens.
Au-delà de ces sensations vitales de bonheur
et de bien-être, donner peut avoir un impact encore
plus concret sur notre vie personnelle et professionnelle.
Nos mères et nos grands-mères nous répétaient
que l’on récolte ce que l’on sème
dans la vie. En voici tout un exemple :
Nous sommes à la fin du 19e siècle aux
États-Unis. Un couple vivant à New York
se trouve en visite à Philadelphie et tente de
se dénicher une chambre d’hôtel,
tard en fin de soirée. George, le directeur de
nuit à l’hôtel Bellevue (devenu Bellevue-Stratford
et aujourd’hui Park Hyatt) où le couple
tente de trouver refuge, appelle tous les hôtels
de la ville, mais partout on affiche complet.
Résigné, le couple s’apprêtait
à quitter l’établissement lorsque
George accourt et leur demande s’ils veulent passer
la nuit dans la modeste chambre, où il dort parfois
quand il n’y a pas trop de va-et-vient à
la réception : « Ce n’est pas une
suite royale, mais je m’en voudrais de vous laisser
partir ainsi en sachant que vous devrez errer toute
la nuit dans la ville avant votre départ pour
New York, faute d’avoir un endroit où dormir.
Je vous en prie, acceptez cette humble chambre, cela
me ferait réellement plaisir. De toute façon,
c’est tellement occupé que je n’aurai
pas le temps de dormir », insista-t-il.
Après un moment d’hésitation, le
couple accepta donc. Le lendemain, en réglant
la note, le type et son épouse n’arrêtaient
pas de louanger ce directeur si dévoué
et désireux de rendre service. « Vous êtes
exceptionnel, George. Nous vous sommes énormément
reconnaissants. »
Le couple repartit et, deux ans plus tard, George reçut
une lettre de cet homme le remerciant encore une fois
du geste effectué à l’époque,
toutefois il avait également pris soin de glisser
dans l’enveloppe un billet de transport en train
pour New York. George accepta l’invitation. Le
type, visiblement bien nanti, passa le prendre à
la gare dans une voiture luxueuse et l’emmena
sur la 5e Avenue à Manhattan, s’arrêta
au bord de la rue et désigna vers la gauche un
imposant édifice de pierre rouge.
« George... vous voyez ce bâtiment?
– Oui, je le vois », répondit le
vaillant directeur de nuit.
« Eh bien, c’est un hôtel, George,
un nouvel hôtel que je viens de faire construire.
Et j’aimerais que vous acceptiez de devenir le
tout premier directeur général de cet
hôtel qui portera mon nom et s’appellera
l’hôtel Waldorf. »
George Charles Boldt (1851-1916) fut le premier directeur
général de l’un des hôtels
les plus prestigieux du monde, le Waldorf-Astoria à
New York, pendant 28 ans. Il y parvint grâce à
un simple geste de service enthousiaste et spontané.
Il a su faire une différence. Et lorsque l’on
fait une différence de façon authentique
et sincère, que l’on contribue à
changer les choses, on ne sait jamais de quelle façon
cela peut faire une différence également
pour les siens et pour soi.
Donnez et vous recevrez.
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