Marc Andre Morel CSP - Conférencier-motivateur inspirant

 




 

ÊTRE CONFORTABLE AVEC L’INCONFORTABLE

L’être humain est une créature d’habitudes. Paradoxalement, pour survivre, nous avons dû constamment nous adapter, changer nos habitudes de vie, de travail, de loisirs même. Et nous avons toujours réussi. Mais pourquoi les gens résistent-ils tant au changement? Pourtant, la majorité d’entre nous adorons aller voir un nouveau film, changer de voiture, de décoration à la maison. On rénove comme jamais!

Donc, tel que mentionné dans une chronique précédente, le changement, même imposé au travail, n’est jamais le problème. Contrairement à mes exemples, nous perdons – ou avons peur de perdre – ce que nous connaissons. Il suffit de s’adapter et de reconstruire sur une base établie. Si votre bureau change le système informatique, cherchez à connaître les fonctions ou procédures qui ressemblent aux anciennes. Même chose pour un nouveau local après un déménagement : remettez vos photos en place, vos livres de référence et autres documents, etc. Comme un enfant gardé par sa tante ou sa grand-mère a besoin de sa « doudou » partout où il va coucher, nous avons tous besoin de nous ramener à du « connu » lorsqu’il se produit un changement.

Étant donné que tout bouge si vite, on peut parfois avoir l’impression de perdre les pédales... Or, le meilleur sentiment de sécurité, c’est l’insécurité qui nous le procure. En effet, il est normal de devenir inconfortable quand surgit la possibilité de sortir de sa zone de confort, tout comme ce l’est de ne plus être certain des manœuvres à 100 %. Mais comme le bâillement essaie d’instinct de nous réveiller, de raviver nos forces, cette insécurité pousse à questionner pour être éclairé. Il reste qu’on ne sera jamais plus à l’aise à 100 % tant qu’on n’aura pas suffisamment exercé sa technique avec les nouvelles technologies par exemple.

Je préconise aussi qu’on lâche prise sur le perfectionnisme. Il n’est pas essentiel de tenter d’avoir tous ses courriels écrits avec des phrases et une prose parfaites, comme on peut vivre avec un garage qui n’est pas toujours dans un ordre parfait, et on doit accepter les défauts de ses enfants – composer avec les irritants ou les habitudes qui ne sont pas tout à fait à notre goût.

De même, on résiste à une restructuration comme on n’aime pas ce sentiment d’inconfort qui vient après qu’on a changé notre montre de poignet. Déplacez le réfrigérateur dans la cuisine et vous frapperez souvent le mur en allant chercher le brocoli. On a juste le goût de revenir en arrière et c’est normal. Déjà, le fait d’accepter ce sentiment d’inconfort, d’insécurité, est une victoire.

La prochaine victoire viendra sous peu. En effet, nos habitudes changeront sans que l’on s’en rende compte. Vous éprouverez le pire lors des trois premières semaines, mais c’est un état temporaire.

Le leader de demain doit non seulement apprendre sans cesse de nouveaux trucs, mais surtout il est celui qui saura vivre avec l’incertitude du lendemain, le « je ne sais pas, mais ça ira... » Il sait apprendre mais aussi désapprendre. Apprendre à apprendre est probablement une des grandes clés du sentiment de liberté qui accompagne la productivité. Les tensions sont néfastes à la productivité comme à la santé.

Apprenons à être à confortable avec l’inconfortable.

©Marc André Morel, tous droits réservés

 

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