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ÊTRE CONFORTABLE AVEC
L’INCONFORTABLE
L’être humain est
une créature d’habitudes. Paradoxalement,
pour survivre, nous avons dû constamment nous
adapter, changer nos habitudes de vie, de travail, de
loisirs même. Et nous avons toujours réussi.
Mais pourquoi les gens résistent-ils tant au
changement? Pourtant, la majorité d’entre
nous adorons aller voir un nouveau film, changer de
voiture, de décoration à la maison. On
rénove comme jamais!
Donc, tel que mentionné dans une chronique précédente,
le changement, même imposé au travail,
n’est jamais le problème. Contrairement
à mes exemples, nous perdons – ou avons
peur de perdre – ce que nous connaissons. Il suffit
de s’adapter et de reconstruire sur une base établie.
Si votre bureau change le système informatique,
cherchez à connaître les fonctions ou procédures
qui ressemblent aux anciennes. Même chose pour
un nouveau local après un déménagement
: remettez vos photos en place, vos livres de référence
et autres documents, etc. Comme un enfant gardé
par sa tante ou sa grand-mère a besoin de sa
« doudou » partout où il va coucher,
nous avons tous besoin de nous ramener à du «
connu » lorsqu’il se produit un changement.
Étant donné que tout bouge si vite, on
peut parfois avoir l’impression de perdre les
pédales... Or, le meilleur sentiment de sécurité,
c’est l’insécurité qui nous
le procure. En effet, il est normal de devenir inconfortable
quand surgit la possibilité de sortir de sa zone
de confort, tout comme ce l’est de ne plus être
certain des manœuvres à 100 %. Mais comme
le bâillement essaie d’instinct de nous
réveiller, de raviver nos forces, cette insécurité
pousse à questionner pour être éclairé.
Il reste qu’on ne sera jamais plus à l’aise
à 100 % tant qu’on n’aura pas suffisamment
exercé sa technique avec les nouvelles technologies
par exemple.
Je préconise aussi qu’on lâche prise
sur le perfectionnisme. Il n’est pas essentiel
de tenter d’avoir tous ses courriels écrits
avec des phrases et une prose parfaites, comme on peut
vivre avec un garage qui n’est pas toujours dans
un ordre parfait, et on doit accepter les défauts
de ses enfants – composer avec les irritants ou
les habitudes qui ne sont pas tout à fait à
notre goût.
De même, on résiste à une restructuration
comme on n’aime pas ce sentiment d’inconfort
qui vient après qu’on a changé notre
montre de poignet. Déplacez le réfrigérateur
dans la cuisine et vous frapperez souvent le mur en
allant chercher le brocoli. On a juste le goût
de revenir en arrière et c’est normal.
Déjà, le fait d’accepter ce sentiment
d’inconfort, d’insécurité,
est une victoire.
La prochaine victoire viendra sous peu. En effet, nos
habitudes changeront sans que l’on s’en
rende compte. Vous éprouverez le pire lors des
trois premières semaines, mais c’est un
état temporaire.
Le leader de demain doit non seulement apprendre sans
cesse de nouveaux trucs, mais surtout il est celui qui
saura vivre avec l’incertitude du lendemain, le
« je ne sais pas, mais ça ira... »
Il sait apprendre mais aussi désapprendre. Apprendre
à apprendre est probablement une des grandes
clés du sentiment de liberté qui accompagne
la productivité. Les tensions sont néfastes
à la productivité comme à la santé.
Apprenons à être à confortable avec
l’inconfortable.
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